Audrey Hernandez

Les souffrances et les manifestations méconnues des femmes autistes

Ce second article de la trilogie, s’intéresse à la manière dont l’autisme se manifeste chez les femmes, et comment ces manifestations atypiques renforcent leur invisibilité. Moins repérables, plus intériorisées, ces formes d’autisme sont souvent mal comprises, voire pathologisées à tort.

Le quotidien de nombreuses femmes autistes est marqué par des efforts constants d’adaptation, une grande fatigue sociale et un isolement psychologique profond. Voici un éclairage sur ces réalités silencieuses, également pour détordre l’idée que les femmes fabulent sur leurs maux.

Sommaire :

  • Les femmes avec un TSA (traits du spectre autistique) devront s’auto diagnostiquer pour comprendre leur santé
  • Le coût invisible de la non détection dans le quotidien

Les femmes avec un TSA devront s’auto diagnostiquer pour comprendre leur santé

Autonomie, vous avez dit autonomie ? Plutôt solitude ouais… La santé corporelle est psychique de la femme autiste n’est jamais explorée du côté de l’autisme. Elle viendra pour des maux comme des troubles alimentaires, de l’anxiété, un état dépressif, une possibilité de TDAH. C’est d’ailleurs plus facile d’oser parler à un.e doc d’un TDAH, car comme il y a des médocs qui existent, alors on sent bien que l’aspect « scientifique » attire. Gnia gnia gnia. Coucou, c’est aussi scientifique l’autisme hein.

En revanche, l’autisme a du mal a se frayer un chemin parmi ces signes. Encore moins pour les femmes qui parviennent parfaitement à camoufler. Finalement ces signes sont des énormes alertes pour fouiller du côté de l’autisme.

Ce sont, pour la plupart des femmes adultes, elles-mêmes qui épluchent le sujet lorsqu’elles comprennent qu’elles peuvent être concernée par un TSA. Une femme autiste va alors relier tous les symptômes méga intenses qui s’y joignent, comme cités plus haut. Elles seront d’ailleurs bien plus expertes que n’importe quel.le doc « lambda » et elles feront leurs recherches de soignant.es spécialisé.es dans l’ombre. Iels sont si peu nombreuses.x que la liste d’attente est supra longue.

Pour finalement confirmer ce qu’elles savaient déjà : la confirmation d’un TSA ! TINDIN !

Le coût invisible de la non détection dans le quotidien

Camoufler ses particularités pour survivre dans un monde normatif entraîne une fatigue constante. Certaines femmes décrivent un besoin vital de se “couper du monde” après une journée à devoir “jouer un rôle”, dans une big pièce de théâtre.

Les phases de burnout autistique, de “shutdown” ou de crises émotionnelles peuvent être interprétées à tort comme des symptômes psychiatriques isolés, sans lien avec un TSA. C’est alors qu’elles subissent une non reconnaissance de cette neuroatypie et peuvent dégringoler dans tous leurs domaines de vie. En plus, elles s’en voudront de ne pas parvenir à faire comme les autres.

Le coût ? Un isolement. That it. Pas de doc formé.e. Pas de potes suffisamment ouvert d’esprit. Pas de famille suffisamment enveloppante. Pas de vie amoureuse car trop énergivore d’expliquer ses besoins et de le faire respecter. Pas de vie pro équilibrée car l’ennuie et l’état dépressif est très souvent les raisons d’arrêts maladie.

Finalement, la société française rend invisible ces femmes et elles ne parviennent pas à mieux se comprendre.

Jusqu’au jour ou… elles tombent nez à nez sur le mot « autisme » et ingèrent un tas de contenu qui va leur parler en profondeur et vont avoir LA révélation de leur fonctionnement.

Conclusion

Finalement, la détection d’un TSA pour une femme viendra très souvent de son long et sinueux parcours de volonté de reconnaissances de ces atypies. Rare sont les exemples d’une détection chez les femmes, contrairement aux hommes qui sont beaucoup dans leur masking, du fait de leur éducation. Eux, sont poussés à s’exprimer très fort « tel un homme », à l’inverse des petites filles « sois gentille et ne fait pas de bruit ».

Vient alors la sur-adaptation de la femme autiste. Elle peut passer à côté toute sa vie. A quand l’intégration des apprentissages des neuroatypies dans le cursus médical ? Dans le prochain et dernier article de cette série, nous verrons comment rendre visible cette réalité (essayer, et quelles sont les ressources disponibles pour les femmes concernées.

Au fait, j’accompagne à la détection des TSA par le test PSP-R, (Analyse du Profil Sensoriel et Perceptif Révisé d’Olga BOGDASHINA), et tu peux prendre RDV en cliquant ici.

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