Depuis quelques années, le terme HPI (Haut Potentiel Intellectuel) est de plus en plus présent dans les médias, les réseaux sociaux, les séries TV et également dans les conversations des repas familiaux (paie ton ambiance quand c’est ton métier). Même tonton s’en mêle, c’est pour dire le succès ! (Ou la mascarade du « on est tous un peu HPI »).
Ce qui était, il y a peu de temps, un domaine réservé aux psychologues, est désormais largement discuté dans le grand public. Mais cette visibilité accrue reflète-t-elle une véritable avancée dans la compréhension des profils HPI, ou s’agit-il d’un effet de mode ? C’est ce que j’ai décidé d’aller explorer à travers deux angles complémentaires.
Bien entendu, tes retours sont les bienvenus, histoire de se compléter et de trouver quelques punchlines ensemble à envoyer quand on en a besoin !
Sommaire :
- Une reconnaissance qui permet un meilleur accompagnement
- Une médiatisation épuisante
Une reconnaissance qui permet un meilleur accompagnement
Il était temps : parler davantage des HPI a permis de sensibiliser le public à une réalité longtemps méconnue, inavouable. Voir tabou. Souviens toi, gosse, il y avait toujours ce p’tit gars (souvent c’étaient les garçons) qu’on surnommait « l’intello » dans ta classe. Moi je trouvais ça bizarre comme surnom. Car en plus d’avoir des supers bonnes notes, les autres enfants le harcelait et les profs lui mettait souvent la honte devant toute la classe quand sa réponse n’était pas assez précise. Réponse pourtant très juste.
Là, j’aborde le cliché du profil HPI, qui ne reflète absolument pas toutes les caractéristiques re-connues, qui ne s’en tiennent évidemment pas qu’au bulletin de notes.
Mettre enfin un mot et faire connaitre le haut potentiel intellectuel a aidé et aide énormément de personnes (bien plus nombreuses qu’on veut nous le faire croire, mais ceci est un autre combat). Mettre des mots sur son fonctionnement et son vécu, ça fait respirer. En plus, ça soulage : non, tu n’es pas crazy ! Surtout après plusieurs années d’errance et de flagellation « je ne suis pas assez, je suis trop, je ne comprends pas, je ne pige pas que les autres ne comprennent pas, je suis instable car je change de boulot tous les deux ans ». Etc.
C’est aussi grâce à ce « pia-pia-pia » médiatique et public que les recherches se sont enfin accélérées et ainsi, il y a plus de ressources à disposition. Touuudouuu là, c’est encore très protocolaire et rangé dans des cases. Pas très HPI toussa. En revanche démarrer quelque part est un bon début !
Ces ressources permettent également de mieux accompagner nos profils, si, bien entendu, les pros prennent la responsabilité de se former. Souvent, ce sont les pros concerné.es qui ont cette démarche.
Une médiatisation épuisante
Bien sûr, plus « on » en parle et plus c’est déformé. Le cliché qui a la dent dure c’est quand même que la personne HPI est forcément un.e génie et réussi.e partout, tout le temps, sans effort ni sacrifice.
Bullshit. La personne HPI aura toujours tendance à avoir ce besoin (c’est viscérale) de tout parcourir, pas uniquement un seul angle, pendant des heures, de façon obsessionnelle et compulsive, de plonger dans un sujet et d’en ressortir quelques jours, semaines plus tard, en ayant appris bien plus qu’elle ne l’imagine.
Elle a cette tendance à apprendre des nouvelles connaissances par appétences, très rapidement et sait s’en servir dans plusieurs domaines, et pas que dans le pro. Et si tu es concerné.e par le HPI, toi-même tu sais que tu le fais depuis que tu es un.e enfant.
Seulement, ce que voit les autres, c’est que tu es incollable sur tes thèmes favoris, que tu sais manier de nombreuses infos sur des sujets qui t’intéressent pourtant moins (et tu en sais tout de même toujours plus que les autres) et que tu veux épater « la galerie » alors que tu veux simplement échanger.
Cela devient alors une étiquette à coller sur le front « ton problème c’est que tu es HPI », alors que non, le problème, c’est ce que font ressentir les autres en étant dans une posture agressive.
La responsabilité de la personne HPI est de ne pas rentrer dans la remarque, le pic de l’autre, afin d’économiser son énergie à justifier qui iel est.
Conclusion
Cette médiatisation, qui, souvent, déforme le profil HPI, vient tout de même repenser nos approches : tant sur l’éducation, l’ouverture d’esprit, la norme, la conformité et bien d’autres sujets très complexes. C’est pour cela que ça prend du temps, les mentalités derrière ces profils viennent de bien plus loin et secoue tout un cocotier de clichés.
Parler du HPI vient encourager une démarche inclusive, car lorsque le HPI est abordé, alors vient plus globalement le sujet des neuroatypies. Et donc en découle également notre impact dans le monde professionnel : quelle place, quel enjeu, quelle possibilité est ouverte à nos profils et surtout, comment ?
Certes, cela peut être épuisant toute cette médiatisation, so what, c’est le bon moment pour dégommer les a priori de Mich-Mich !
Tu es HPI ? C’est donc le bon moment pour faire reconnaitre enfin ton profil et ainsi profiter de ce levier pour populariser ce fonctionnement et faire enfin évoluer les idées reçues.
Qui va piano va sano.
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